Fake News

Elles sont apparues dans le langage courant durant l’élection de Donald Trump qui les a utilisées à son profit. Elles sont depuis synonyme de désinformation et très liée aux réseaux sociaux, c’est à dire à leur rapide possibilité de déploiement dans l’espace public.

C’est quoi les fake news ?

Le Collins Dictionary en a fait son mot de l’année 2017 en définissant une fake news comme « une information fausse, souvent sensationnelle, diffusée sous le couvert de reportages ». Mais si on veut traduire en français la nuance entre « false » et « fake », il vaut mieux éviter de parler de « fausses nouvelles » – notion ancienne et usuelle, reconnue légalement dans l’inusable loi française sur la presse de 1881 –, mais parler plutôt d’informations falsifiées.

Elles sont « journalisées », c’est-à-dire conçues pour ressembler à des informations telles que les journalistes les produisent, alors même que les producteurs de fake news sont pourtant très critiques vis-à-vis des médias voire franchement hostiles aux journalistes, souvent insultés par le terme « journalopes ».

Pourquoi c’est dangereux ?

La prolifération des fake news doit être considérée comme un grave symptôme de délitement politique. Le symptôme d’une crise de confiance de nombreux gouvernés vis-à-vis de ceux qu’ils perçoivent comme des élites, des sachants, contre ceux qu’ils vivent comme leur donnant la leçon car prétendant établir les règles du débat démocratique sur la reconnaissance mutuelle de la véracité des faits.

[…]

D’où la célébration dans la bouche de certains, y compris de leaders politiques démagogiques, des « faits alternatifs » : la justesse d’une cause justifierait pleinement ces coups portés au principe de réalité.

Tous coupables !

Les responsabilités face à la propagation des fakes news sont partagées :

  • les politiciens et les militants politiques de tout bord qui ont cru qu’il suffisait juste de fabriquer des mensonges plus gros et plus sophistiqués pour que leur programme passe.
  • les communicants et lobbyistes qui foulent aux pieds les chartes éthiques de leur profession et sont prêts à tordre les faits, à nier les acquis de la science pour défendre les intérêts de leurs clients industriels.
  • les journalistes et les médias qui font mal leur travail, qui à coup de mauvaise chasse au scoop, de vérifications insuffisantes, publient des informations erronées, et donc érodent la crédibilité de l’ensemble de la profession.
  • les plateformes de réseaux sociaux comme Facebook qui n’a jamais lutté spontanément contre les fake news. Elle a laissé s’installer une économie politique des fake news dont la firme tire profit.
  • les sites d’information parodiques qui à force de jouer avec les codes des énoncés journalistiques contribuent (malgré eux, certes) à créer une sorte de zone tampon entre l’information journalistique de qualité et les fake news.
  • les puissances étrangères, telles la Russie ou la Corée du Nord, qui se livrent à une « guerre de l’information ».
  • chacun des internautes (nous !) qui partagent des informations sous le coup de l’émotion sans vérifier toujours la pertinence, la cohérence et la véracité des informations partagées.

 


Extraits de l’article de Xavier Gorce publié en mai 2018 sur TheConversation.com : Fake news : tous une part de responsabilité !

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