Presse et participation

 

Synthèse de l’intervention de Nathalie Pignard-Cheynel lors des Rencontres du Webjournalisme (Obsweb), à Metz, en janvier 2017.

Les années 2000 ont connu l’essor d’une culture participative qui s’est traduite partout, de la presse en ligne à l’émergence de tiers lieux (coworking, fablab …). C’était alors l’espoir d’un journalisme enrichi par une communauté de lecteurs aguerris apportant leur expertise complémentaire. On a même connu des conférence de rédaction ouvertes au public.

Mais très vite les auteurs et journalistes se sont confronté à la difficulté de dialoguer avec des lecteurs considérés pour certains comme “amateurs”, “haineux”, “trolls” … Ce que le Guardian avait notamment dénoncé dans The dark side of Guardian Comments, une opération décalée d’éducation civique des lecteurs.

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The dark side of Guardian comments

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Pourtant on a pu constater que lorsque le journaliste ou une personne impliquée dans l’enquête intervenaient dans les commentaires, le niveau du débat s’élevait d’autant.

S’est alors posée la question de la rétribution des journalistes passant du temps pour répondre aux lecteurs, ainsi que de la formation de ceux-ci dans le but d’être à la fois concis, précis sans être trop clivant au risque d’éloigner des lecteurs du journal (et donc de potentiels abonnés ou annonceurs). Mais les commentaires étant très nombreux, on a commencé à externaliser la modération en passant par des sociétés privées. Ce qui a encore creusé la distance entre le journaliste et ses lecteurs.

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Et c’est vrai qu’il n’est pas toujours aisé d’approuver ou de rejeter un commentaire comme le New York Times vous invite à en faire l’expérience :

Approve or reject : Can You Moderate Five New York Times Comments ?

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Aujourd’hui, les possibilités d’impliquer le lecteurs sont repensées. Certains journaux ont ainsi abandonné les plateforme de blogs qu’ils avaient créé ou parfois, ont supprimé la possibilité de commenter des articles en ligne.

Sont privilégiés notamment le suivi en live via Facebook ou Periscope (cf. suivi vidéo de Nuit Debout par Rémy Buisine) ou via le live blogging (cf. suivi principalement écrit de matchs sur l’Equipe, ou de débats et d’événements sur Le Monde). Ce suivi en live est souvent sous forme de questions/réponses en fonction des réactions et des informations publiées en direct.

Les coulisses de la fabrique de l’information sont une autre manière de répondre aux interrogations du lecteur, de l’auditeur. France Inter a ainsi son rendez-vous du médiateur, l’AFP a mis en place un blog “making of”.

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Making of de l’AFP (Agence France Presse) – les coulisses de l’info

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Comment faire pour que le lecteur ne devienne pas seulement l’usager d’une plateforme numérique ? Les ajustements cosmétiques (ergonomie, UX design) suffisent-ils pour améliorer l’expérience du lecteur au détriment de vouloir améliorer sa capacité à réfléchir ? Comment faire pour ne pas seulement le considérer comme une audience ? Les statistiques (outil quantitatif) sont-elles devenues une variable d’ajustement de la ligne éditoriale (aspect qualitatif) d’un journal ?

Pour compléter ce bilan, une vidéo de Médiapart s’interrogeant sur la place des contributeurs sur Internet :

 

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