Webséries scientifiques

D’un côté, le Café des Sciences essaye de rassembler (toutes) les chroniques scientifiques classées en fonction des thématiques abordées et du type de médias (sons, vidéos, de BD, articles). De l’autre, C’est pas sorcier est devenu l’Esprit sorcier avec un site dédié composé d’articles interactifs et une chronique vidéo régulière sur YouTube. Tandis que le CNRS s’intéresse aux youtubeurs pour lancer sa prochaine chaîne et trouver des formats intéressants pour présenter ses travaux. Bref, avec Internet, la médiation scientifique s’est déployée sur tous les médias. Mais agir dans le grand tout de l’Internet suppose de se poser quelques questions.

Les réponses sont issues d’une conférence organisée à l’initiative de la Tronche en biais et du Grand Nancy à l’université de Lorraine le 13 juin 2017.

Quel formats sont les plus adaptés ?

L’Esprit sorcier héritier d’une émission qui durait 30 min, a gardé ce format à la demande du public. Cependant les émissions sont aussi visibles par chapitre de 5 à 10 min pour les plus pressés. Elles sont également intégrées dans des dossiers sous forme d’articles interactifs. Internet permet une liberté de format. Ce qui compte pour l’internaute, c’est l’adéquation entre une personnalité et le ton adopté. Le public est aujourd’hui plus sédimenté et s’attache aux formats qui lui plaisent en fonction de sa personnalité. Aucun code, aucune formule ne s’applique à tous. Autre aspect important, la récurrence d’un format. Lorsqu’une chronique plaît, on aime qu’elle ait la même durée, le même ton, un séquençage similaire. Autrement dit, on peut expérimenter plusieurs formats pour plusieurs chroniques, mais pas plusieurs formats dans une même chronique !

Malgré tout, on peut noter des récurrence :

  • l’adresse au public directe, interpellation
  • l’incarnarnation et la personnalisation du discours

Quelle légitimité ?

Un chroniqueur scientifique peut se tromper. Comme dans la presse, il existe donc un droit de réponse. On peut corriger une erreur en remplaçant le contenu ou en publiant un autre contenu qui permet de revenir sur les approximations. Avoir des sources légitimes et les citer permet en général de savoir de quel point de vue on se place. Certaines vidéo et bd sont accompagnées de liens complémentaires qui permettent d’étayer le propos. Enfin, les chroniqueurs ne sont pas seuls. Comme il existe des comités de relecture pour la presse scientifique, on peut faire appel à des bloggueurs ou des scientifiques spécialistes d’un domaine. Une fois le contenu validé et modifié au besoin, on peut publier avec plus d’assurance.

L’émission La tronche en biais a mis en place le format “point dans la tronche” qui permet de revenir sur des commentaires récurrents ou de commenter les vidéos d’autres chroniqueurs. Le CNRS, quant à lui, a décidé non seulement d’avoir un community manager dédié à sa prochaine chaîne sur YouTube, mais aussi de lui permettre de s’appuyer sur un pool de scientifiques mobilisables pour une réponse rapide.